« Combien de luminaires faut-il dans mon atelier ? » Cette question n’a pas de réponse au feeling. Deux implantations à nombre de luminaires égal peuvent donner un éclairement conforme dans un cas, et des zones d’ombre au poste de travail dans l’autre. Les questions qui reviennent :
- Quel niveau d’éclairement dois-je atteindre — et selon quelle norme ?
- Comment être sûr du nombre et de l’implantation des luminaires avant d’acheter ?
- Que vaut vraiment une simulation face au relevé sur site ?
- Comment l’étude d’éclairage s’articule-t-elle avec le reste du projet électrique ?
Dans ce guide, nous expliquons comment se déroule une étude d’éclairage sous DIALux, ce qu’elle produit comme livrables, et surtout comment elle s’enchaîne avec la conception électrique : c’est là que le bureau d’études fait la différence entre un joli rendu 3D et un projet réellement réalisable.
- Qu’est-ce qu’une étude d’éclairage DIALux ?
- Pourquoi faire une étude plutôt qu’estimer ?
- Les exigences normatives à respecter
- Le déroulement d’une étude, étape par étape
- Les livrables que nous remettons
- Du calcul photométrique au projet électrique
- Les erreurs les plus fréquentes
- Questions fréquentes
Chez Flandre Systèmes, nous réalisons :
- Les études d’éclairage DIALux : ateliers, entrepôts, locaux techniques, bureaux, extérieurs ;
- Le dimensionnement électrique associé : circuits, protections, sections, commandes, notes de calcul et schémas ;
- La modernisation d’installations existantes et le revamping d’armoires électriques.
Qu’est-ce qu’une étude d’éclairage DIALux ?
DIALux evo est le logiciel de référence internationale pour la conception et le calcul d’éclairage. Il permet de simuler l’éclairement d’un espace avant même que le premier luminaire ne soit commandé, à partir des données photométriques réelles des fabricants.
Concrètement, une étude d’éclairage DIALux répond à quatre questions :
- Combien de luminaires faut-il pour atteindre le niveau d’éclairement requis ?
- Où les implanter, à quelle hauteur, avec quel espacement ?
- Quel modèle choisir : flux lumineux, optique, température de couleur, IP/IK ?
- Est-ce conforme aux exigences normatives applicables au local et à la tâche visuelle ?
Le logiciel prend en compte la géométrie du local, les coefficients de réflexion des parois (un atelier aux murs sombres n’a pas le même besoin qu’un local blanc), les obstacles (racks, machines, ponts roulants), le facteur de maintenance et, si nécessaire, l’apport de la lumière naturelle.
Pourquoi faire une étude plutôt qu’estimer ?
La règle du pouce (« tant de watts au mètre carré ») appartient à l’époque des tubes fluorescents. Avec le LED, les écarts de rendement et d’optique entre deux produits rendent toute estimation hasardeuse. Une étude apporte quatre bénéfices concrets :
| Bénéfice | Ce que ça évite |
|---|---|
| Le bon nombre de luminaires | Le surdimensionnement (investissement et consommation inutiles) comme le sous-dimensionnement (zones sombres, reprise de chantier) |
| La preuve de conformité | Un litige à la réception, une remarque d’inspection du travail ou de vérificateur, une non-conformité découverte après pose |
| Un dossier de consultation solide | Des devis fournisseurs incomparables entre eux, faute de spécification commune |
| Le chiffrage du gain énergétique | Un dossier de subvention ou de CEE refusé faute de justification calculée |
Les exigences normatives à respecter
Le référentiel principal en France est la norme NF EN 12464-1, « Lumière et éclairage — Éclairage des lieux de travail — Partie 1 : lieux de travail intérieurs ». Elle fixe, pour chaque type de local et de tâche visuelle, quatre grandeurs que DIALux calcule directement :
| Grandeur | Symbole | Ce qu’elle traduit |
|---|---|---|
| Éclairement moyen à maintenir | Ēm (lux) | Le niveau de lumière sur la zone de tâche, en fin de vie de l’installation (facteur de maintenance inclus) |
| Uniformité | U0 | Le rapport éclairement mini / moyen : évite les alternances de zones claires et sombres |
| Éblouissement d’inconfort | UGRL | La gêne visuelle produite par les luminaires dans le champ de vision |
| Rendu des couleurs | Ra (IRC) | La fidélité des couleurs perçues — critique en contrôle qualité, peinture, électricité (repérage des fils !) |
Quelques ordres de grandeur d’éclairement à maintenir, à titre indicatif (les valeurs exactes se lisent dans les tableaux de la norme, selon la tâche précise) :
| Type de local | Éclairement indicatif |
|---|---|
| Circulations, zones de stockage sans manutention permanente | ~100 à 150 lux |
| Atelier, travail sur machine, montage grossier | ~200 à 300 lux |
| Montage fin, bureaux, salle de contrôle | ~500 lux |
| Contrôle qualité, inspection, montage de précision | 750 à 1 000 lux et plus |
À cela s’ajoutent, selon les cas : l’éclairage de sécurité (évacuation et anti-panique, référentiel EN 1838), les exigences du Code du travail pour les lieux de travail, et les contraintes propres aux zones classées ou aux ambiances agressives (IP, IK, ATEX).
Le déroulement d’une étude, étape par étape
1. Le recueil des données
Plans (DWG si disponibles), hauteurs sous plafond et sous obstacle, nature et couleur des parois, implantation des machines et des racks, tâches visuelles réalisées à chaque poste, contraintes d’ambiance (poussière, humidité, lavage, chocs), et vos préférences ou standards fournisseurs.
2. La modélisation du local
Construction de la géométrie sous DIALux — import du plan DWG ou saisie directe — puis intégration des obstacles significatifs. Un rack de 6 m de haut ou un pont roulant modifie profondément la répartition de la lumière : les ignorer, c’est produire une étude fausse mais rassurante.
3. Le choix des luminaires
Sélection des produits dans les catalogues photométriques des fabricants (fichiers IES/LDT réels), selon le flux, l’optique (faisceau large ou intensif), la température de couleur, l’IRC, l’IP/IK et la durée de vie. Le choix intègre aussi la maintenabilité : un luminaire à 9 m de haut ne se remplace pas comme un luminaire de bureau.
4. Le calcul et les itérations
Le calcul donne l’éclairement moyen, l’uniformité, l’UGR et le rendu en fausses couleurs. Vient alors le vrai travail d’ingénierie : faire varier l’implantation, la hauteur, l’optique, jusqu’au meilleur compromis conformité / confort / nombre de luminaires / consommation.
5. L’édition du dossier
Génération du rapport complet : synthèse par local, plans d’implantation cotés, tableaux de résultats, listes de luminaires et vues 3D. C’est le document qui part en consultation fournisseurs et qui restera au dossier de l’installation.
Les livrables que nous remettons
- Le dossier DIALux complet (PDF) : hypothèses de calcul, résultats par local, conformité aux valeurs cibles ;
- Le plan d’implantation coté des luminaires, exploitable par l’installateur ;
- La nomenclature des luminaires : références, flux, puissances, accessoires — prête pour la consultation ;
- Le bilan de puissance de l’éclairage, entrée directe du dimensionnement électrique ;
- Les vues 3D et le rendu en fausses couleurs, pour valider le projet avec les utilisateurs et la direction.
Du calcul photométrique au projet électrique
C’est ici que se joue la différence entre une étude d’éclairage isolée et une étude menée par un bureau d’études en électricité. Le calcul DIALux ne s’arrête pas au nombre de luminaires : il alimente directement la conception électrique.
Ce que l’étude d’éclairage déclenche côté électricité
| Donnée issue de DIALux | Conséquence sur le projet électrique |
|---|---|
| Nombre et puissance des luminaires | Bilan de puissance, découpage en circuits, calibre des protections |
| Implantation et longueurs de lignes | Sections de câbles, calcul des chutes de tension, chemins de câbles |
| Courant d’appel des drivers LED | Choix des courbes de disjoncteurs (courbe C ou D) et nombre de luminaires par départ — le point qui provoque le plus de déclenchements intempestifs |
| Zonage et scénarios d’usage | Découpage des commandes, détection de présence, gradation, télérupteurs ou automate |
| Exigences de sécurité | Circuits d’éclairage de sécurité, BAES ou source centralisée, sélectivité |
| Ambiance du local | Indices IP/IK, mode de pose, protection différentielle adaptée |
Ces données se traduisent ensuite en documents d’exécution : notes de calcul, schémas de distribution, folios d’armoire, listes de câbles et repérage. C’est exactement le périmètre de nos études en électricité industrielle, et le prolongement naturel de l’étude d’éclairage.
Le lien avec l’automatisme et l’instrumentation
Sur les projets récents, l’éclairage n’est plus un simple circuit : détection de présence, gradation en fonction de l’apport de lumière du jour, remontée d’états vers la supervision, voire pilotage par bus. Le choix de l’architecture de commande se pose dans les mêmes termes que pour les capteurs — un sujet que nous détaillons dans notre article sur IO-Link et l’industrie 4.0, et plus largement dans nos prestations d’instrumentation industrielle.
Les erreurs les plus fréquentes
- Modéliser un local vide alors qu’il est rempli de racks : l’étude est conforme sur le papier, l’atelier est sombre dans les allées ;
- Négliger les coefficients de réflexion : des murs industriels sombres peuvent faire chuter l’éclairement de 20 à 30 % par rapport à un local clair ;
- Oublier le facteur de maintenance : conforme à la mise en service, non conforme deux ans plus tard ;
- Se contenter de l’éclairement moyen en ignorant l’uniformité et l’UGR : la moyenne peut être bonne avec des postes de travail mal éclairés et des opérateurs éblouis ;
- Éclairer le sol au lieu de la tâche : la norme vise la zone de travail, pas le plancher — sur les postes en hauteur ou verticaux, cela change tout ;
- Charger trop de drivers LED sur un même départ : le courant d’appel fait déclencher le disjoncteur à chaque allumage. Une erreur purement électrique… qui ruine une étude d’éclairage réussie.
Conclusion : la lumière se calcule, l’installation se conçoit
Une étude d’éclairage DIALux transforme une question d’intuition en donnée chiffrée et justifiée : combien de luminaires, lesquels, où, et avec quelle preuve de conformité à la NF EN 12464-1. Mais son intérêt réel se révèle quand elle est menée par ceux qui devront ensuite dimensionner les circuits, choisir les protections et dessiner les schémas : le calcul photométrique et le projet électrique sont les deux moitiés du même travail.
Chez Flandre Systèmes, bureau d’études en électricité industrielle basé dans les Hauts-de-France, nous réalisons vos études d’éclairage DIALux et la conception électrique qui en découle : bilan de puissance, circuits, armoires, commandes et schémas. Découvrez nos réalisations, et pour situer le budget, notre guide sur le coût d’une étude en électricité industrielle.
Un atelier à réaménager, un entrepôt à relamper, un bâtiment neuf à éclairer ?
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Questions fréquentes sur les études d’éclairage DIALux
Qu’est-ce qu’une étude d’éclairage DIALux ?
C’est une simulation numérique de l’éclairement d’un local réalisée avec le logiciel DIALux evo. À partir de la géométrie, des réflexions des parois et des données photométriques réelles des luminaires, elle calcule l’éclairement moyen, l’uniformité, l’éblouissement et le nombre de luminaires nécessaires — et prouve la conformité aux exigences normatives.
Quel niveau d’éclairement faut-il dans un atelier ?
Cela dépend de la tâche visuelle : environ 200 à 300 lux pour du travail sur machine ou du montage grossier, 500 lux pour du montage fin ou un poste de contrôle, 750 à 1 000 lux et plus pour de l’inspection et de la précision. Les valeurs exactes figurent dans les tableaux de la norme NF EN 12464-1, par type de local et de tâche.
Quelle norme s’applique à l’éclairage des lieux de travail ?
La NF EN 12464-1 pour les lieux de travail intérieurs (sa partie 2 couvre l’extérieur), complétée par l’EN 1838 pour l’éclairage de sécurité et par les dispositions du Code du travail. La norme fixe l’éclairement à maintenir, l’uniformité, l’UGR et le rendu des couleurs pour chaque situation.
DIALux est-il gratuit ?
DIALux evo est proposé gratuitement par la société DIAL, financé par les fabricants de luminaires membres. Le logiciel est gratuit ; l’étude, elle, correspond au temps d’ingénierie : recueil des données, modélisation, choix des produits, itérations de calcul, rédaction et exploitation vers le projet électrique.
Que contient un dossier d’étude d’éclairage ?
Les hypothèses de calcul, les résultats par local (éclairement moyen, uniformité, UGR), le plan d’implantation coté des luminaires, la nomenclature avec références et puissances, le bilan de puissance, les vues 3D et le rendu en fausses couleurs.
Qu’est-ce que le facteur de maintenance ?
C’est le coefficient qui anticipe la baisse de performance de l’installation dans le temps : encrassement des luminaires et des parois, vieillissement des sources, fréquence de nettoyage. La norme raisonne en éclairement à maintenir, donc en fin de période de maintenance — un facteur mal choisi fausse toute l’étude.
Qu’est-ce que l’UGR ?
L’UGR (Unified Glare Rating) quantifie l’éblouissement d’inconfort provoqué par les luminaires dans le champ de vision de l’opérateur. Plus la valeur est basse, plus le confort est élevé. DIALux le calcule aux emplacements d’observateur définis dans le modèle, ce qu’un simple calcul d’éclairement moyen ne permet pas.
Une étude d’éclairage est-elle utile pour un simple relamping LED ?
Oui, et c’est même là qu’elle rapporte le plus. Remplacer à l’identique aboutit souvent à un surplus d’éclairement et à une uniformité dégradée. L’étude permet de réduire le nombre de points lumineux tout en améliorant le confort visuel : le gain énergétique vient de la baisse de puissance unitaire et du nombre de luminaires.
Que se passe-t-il après l’étude d’éclairage ?
Les résultats alimentent le projet électrique : bilan de puissance, découpage en circuits, calibre et courbe des protections (attention aux courants d’appel des drivers LED), sections de câbles et chutes de tension, commandes et détection, éclairage de sécurité, puis schémas d’exécution et repérage.
Pourquoi mon disjoncteur d’éclairage déclenche-t-il à l’allumage ?
Parce que les drivers LED génèrent un fort courant d’appel de très courte durée. Trop de luminaires sur un même départ, ou une courbe de disjoncteur inadaptée, provoquent un déclenchement à chaque allumage. Le nombre maximal de luminaires par départ se calcule à partir des données du driver : c’est un point à traiter dès l’étude électrique.

